Quand je ne pratique pas (emploi du temps à la c.n) et que je ne brique pas mon armure ou mes shinai, j’avoue que je pense pas mal Kendo au grand désespoir de ma chère et tendre  Ca se traduit (très) souvent par regarder des vidéos sur youtube, ou lire des articles de blogs ou sites dédiés. Et justement, je suis resté à méditer sur un des articles de l’excellent Kenshi247.net écrit par Georges.

Je ne fais que traduire les paroles de SAKUMA SABURO Sensei relayées par Georges, mais encore aujourd’hui elles ne quittent plus mon esprit…

Quand j’essaye de comprendre ce que HYOSHI signifie en terme de Kendo je le voit comme l’instant précis où la distance de frappe aussi bien physique que temporelle, ainsi que la relation entre vous et votre (très souvent en mouvement) adversaire, se confond en un point; c’est à dire le moment exact où vous devez frapper. Ce HYOSHI n’a ni couleur ni son. Si vous pensez « Mon adversaire va frapper » alors le HYOSHI a déjà disparu et vous êtes déjà (et souvent douloureusement) en retard.

Le moment parfait. L’instant ultime où les bras de aite se levent pour porter men et où les kote sont découverts et où on est beaucoup trop lent et on ramasse irrémédiablement. Bien sûr ça s’apprend et il parait que ça vient avec le temps mais en avoir déjà conscience est un avantage.

Il n’y a encore pas si longtemps je ne voyais dans le kirikaeshi qu’un exercice de style démontrant une maîtrise, un savoir faire et accessoirement une méthode très très efficace pour me collapser un poumon. En essayant de le travailler du mieux possible sans perdre mon souffle je passait invariablement à côté de l’harmonie qu’il doit dégager. L’apprentissage de la perception du Hyoshi passe par là, à mon avis. Et avant de comprendre et « lire » son adversaire il faut d’abord se connaitre soi même.

Je me considère encore aveugle car le Hyoshi je ne le voit pas ou alors pas distinctement. Les rares fois où je l’ai entraperçu et où mon esprit a fait le lien avec ce que je voyais il était déjà 1000 fois trop tard. Mais je persiste et j’essaye de m’exercer à sa perception dans la vie de tous les jours et ce dans n’importe quelle situation : Avec mes enfants, mon épouse (rien de plus dur que de devancer les attentes d’une femme et encore plus si c’est la sienne!! ^^) dans mon travail.

Si vous êtes sérieux dans votre pratique du Kendo alors même les enfants – à leur manières – doivent essayer d’acquérir la perception du HYOSHI. Si vous pratiquez dans l’unique but de frapper à votre convenance alors même plus âgé vous serez incapable de comprendre ce qu’est le Kendo. (i.e la compréhension ne vient pas forcement avec l’expérience.)

Il y a un diction à l’école itto-ryu : « Faite de votre sabre un pinceau et écrivez au fil de l’eau. Il n’y aura aucune trace. »

A méditer et à « utiliser » au prochain entrainement. La sagesse me guète les amis

Source : Nikopol TO [featurearea title= »SAKUMA SABURO Sensei » icon= »pages »] Né en 1912 dans la préfecture de Fukushima, il a commencé le Kendo aux environ des 10/11 ans au Fukushima Butokuden. Apres avoir été diplômé de ce qui est maintenant l’université de Fukushima, il a commencé à enseigner le Kendo dans de nombreuses lycées. En 1939 il prit part aux opérations minières de Mitsubushi et enseigna le Kendo à travers tout le pays à la faveur des visites sur de nombreux site miniers. Apres la guerre il devint le disciple de Mochida Seiji hanshi et – alors qu’il avait son propre dojo – il commença à travailler en tant que directeur au Tokyo Kendo Renmei entre autres choses. Il mourut à l’âge de 84 ans en 1997. Il était 8eme dan Hanshi. [/featurearea]